PREPOSE TV

Robot, mon ami

Dans les EMS, à l’école ou dans les hôpitaux, de petits robots humanoïdes capables d’interagir avec les humains ont fait leur apparition récemment.

A la Fondation Primeroche à Prilly, près de Lausanne, Sia accueille les employés et les résidents chaque matin. Sia est un robot humanoïde de type « Nao », une petite machine haute de 60 centimètres et qui pèse 3 kilos. Nao peut « parler », répondre à des questions, proposer des exercices, passer de la musique et danser.

Le robot "Nao" peut danser et proposer des exercices physiques aux résidents de l'EMS de la Fondation Primeroche.
Le robot « Nao » peut danser et proposer des exercices physiques aux résidents de l’EMS de la Fondation Primeroche. [Thomas Peter – REUTERS]

Chaque matin, elle lit le menu de la cafétéria aux collaborateurs avant de proposer des jeux et des activités physiques aux résidents.

« C’est clair qu’il y a eu des réticences des collaborateurs et des familles. Mais les gens ont vite compris que le robot n’allait pas les remplacer, il ne peut pas fonctionner sans un collaborateur », explique Marie Cuenod, membre de la direction, à Mise au Point.

Attaches émotionnelles

Le robot permet un autre type d’interactions et d’ouvrir des perspectives à des résidents qui n’interagissent pas forcément dans un autre contexte, précise un infirmier.

Les résidents se sont d’ailleurs vite habitués à sa présence.

Sia est géniale, ça m’apporte de la joie, du plaisir. Elle est sympa et drôle.

Une résidente de l’EMS de la Fondation Primeroche

Mais les humains peuvent-ils s’attacher au petit humanoïde?

« On a l’impression que ces robots nous aiment, nous comprennent, nous écoutent mais c’est parce que l’humain passe son temps à projeter ses propres fonctionnements sur ce qui l’entoure », analyse Marc Atallah, le directeur de la Maison d’Ailleurs, le musée de la science fiction à Yverdon.

Un nouveau camarade de classe

En pédiatrie, à l’hôpital d’Yverdon, le premier en Suisse romande à s’être doté de ce nouveau genre de collaborateur, Nao divertit les jeunes patients et leur propose des séances de yoga notamment.

Il permet aussi aux enfants malades de garder un lien avec leurs camarades de classe lorsqu’ils sont absents.

Jean-Christophe Gostanian, promoteur du petit robot en Suisse, a participé au lancement du projet pilote « Avatar Kids » à Bâle: « le robot va dans la classe pour remplacer l’enfant qui est à l’hôpital. Celui-ci a une tablette pour rentrer dans le corps du robot et participer aux interactions en classe ».

Le robot est présent en classe et l'enfant à l'hôpital peut voir ce qu'il se passe et interagir avec ses camarades au travers d'une tablette.
Le robot est présent en classe et l’enfant à l’hôpital peut voir ce qu’il se passe et interagir avec ses camarades au travers d’une tablette. [Avatar Kids]

Droit des robots

Ces interactions humains-machines donnent lieu à de nombreux questionnements et notamment dans le domaine de la loi. L’avocat valaisan Sébastien Fanti, spécialiste des nouvelles technologies, planche actuellement sur un droit des robots.

Il estime en effet qu’il est urgent de réglementer avant que l’humain ne se laisse déborder par l’évolution technologique.

Les juristes mais aussi les éthiciens, médecins ou politiques doivent discuter de ce qu’on veut laisser faire aux robots et ce qu’on veut prohiber.

Sébastien Fanti, avocat spécialiste des nouvelles technologies

 

>> Voir le reportage intégral de Mise au Point

 

 

rts.ch

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *